Les Trompettes

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Témoignage d'un frère ayant vécu la puissance de l'évangile dans la persécution (Richard Wurmbrand)

Biographie et informations

 

Né Bucarest , le 24/03/1909 et décédé à Glendale, Californie , le 17/02/2001 Richard Wurmbrand, de nationalité roumaine, est l'un des plus importants prédicateurs chrétiens du XXe siècle, fondateur de l'organisation internationale Voice of the Martyrs (La Voie des Martyres). Né dans une famille juive, il passe son enfance à Istanbul. Il a 9 ans quand son père meurt, et sa famille revient en Roumanie lorsqu'il a 15 ans. Jeune, il est intéressé par le marxisme: il se rend à des réunions organisées secrètement par le Parti communiste roumain, alors illégal, et se rend à Moscou pour étudier les sciences politiques. Poursuivi par la police secrète, il est incarcéré à la prison de Doftana. Il abandonne plus tard ses idéaux politiques. Il se convertit au christianisme en 1938, et rejoint une mission anglicane en vue de convertir les Juifs. Après la Seconde Guerre mondiale, il se fait ordonner pasteur luthérien. Accusé de prosélytisme (envers l'Armée rouge), il est arrêté le 29 février 1948 et sa femme, Sabina, en 1950.
Libéré en 1956, il reprend ses prêches, et est de nouveau arrêté par la Securitate en 1959. Il est condamné à 25 ans de prison, et est victime de tortures. En 1964, il sort de la prison suite à l'amnistie générale pour les détenus politiques. Ensuite,deux associations protestantes font sortir Richard Wurmbrand de Roumanie (où il était constamment sous la surveillance de la Securitate, en vue d'un emprisonnement imminent), en payant une caution de 10 000 $.


Richard Wurmbrand défend désormais les églises persécutées. Il se rend au Sénat américain en 1965, où il témoigne de la situation. En 1967, il fonde l'association « Jesus to the Communist World »(Jésus pour le monde communiste), qui devient plus tard Voice of the Martyrs, défendant le droit des chrétiens dans les pays communistes et musulmans. Il a écrit plusieurs livres en anglais et en roumain, traduits pour la plupart en français. Parmi les plus célèbres: L’église du silence torturée pour le Christ (1969) et Karl Marx et Satan (1976). Dans ce dernier ouvrage Richard Wurmbrands'est attaché à examiner la face spirituelle de Karl Marx: chrétien convaincu dans son enfance, il est devenu antichrétien en perdant la foi. Richard Wurmbrand cite à l'appui plusieurs poèmes sataniques de Karl Marx peu connus, écrits à ses 20 ans, comme « La Vierge pâle ». Richard Wurbrand décède à Glendale, en Californie , le 17/02/200.

L'article qui suit est la traduction libre de ses prédications tenues après sa libération, en 1965 et après la chute du communisme, en Roumanie, en 1989 et partout ailleurs dans le monde. Ces prédications sont essentiellement le témoignage d’un homme qui a connu la souffrance « à cause du Christ » mais qui n’a jamais abandonné sa foi ni l’amour pour son prochain.

 

 Témoignage

En Roumanie, le Seigneur a fait de grandes choses. Nous n’étions pas persécutés et torturés uniquement pendant l’époque communiste mais également à l’époque d’Antonescupar les légionnaires. (Ion Antonescu est le maréchal roumain qui a dirigé la Roumanie de 1940-1944en instaurant un régime dictatorial largement inspiré par le nazisme allemand). La persécution de l’Eglise n’a pas commencée avec les communistes. Des baptistes assemblaient des enfants et leur enseignaient la juste voie du Seigneur ? Ils s’exposaient à des persécutions.

A présent, nous avons des bibliothèques, des écoles, même une université : c’est le miracle de Dieu. Nous avons également une librairie et  une imprimerie évangélique à Bucarest ; où pouvait-elle être placée ailleurs sinon à côté du palais de Ceausescu? Et nous avions besoin d’un dépôt pour les Bibles et tous ces livres. Nous nous sommes adressés au maire et celui-ci nous a dit : « Bien sûr, nous allons vous donner une place. » Et il  nous a donné l’ancien abri contre les bombardements, DANS LE PALAIS DE CEAUSESCU. Maintenant, qu’est-ce que c’est que cet abri ?

Le feu Ceausescu, lorsqu’il a fait construire ce palais, a démoli plusieurs immeubles dont celui du service de Sécurité à part la cave qui était une prison où nombreux chrétiens ont été enfermés. J’en faisais partie. Cette prison a subsisté et est devenue le refuge de Ceausescu. A présent, c’est elle qui est devenue le dépôt des Bibles et livres chrétiens. Et là où fut ma cellule, là où je fus incarcéré, là où tous ces chrétiens ont rêvé d’avoir une Bible et des livres chrétiens, c’est là actuellement le dépôt des livres chrétiens et c’est de là qu’ils sont envoyés dans le monde entier. Voici un des triomphes de Dieu.

Je suis content que le frère Valentin ait commencé par le Psaume 124 :

« Sans l’Eternel qui était pour nous/Quand les hommes s’élevèrent contre nous/Alors ils nous auraient engloutis tous vivants/Quand leur colère s’enflamma contre nous./Alors les eaux nous auraient submergés/Un torrent aurait passé sur notre âme. »

En Roumanie, nous avons déjà eu ces torrents mais je voudrais vous parler d’autres endroits sur terre où ces vagues terribles submergent les chrétiens jusqu’à présent, où il existe jusqu’à présent des personnes prêtes à engloutir les enfants de Dieu – et je n’exagère pas car il y a des brutalités inimaginables que les enfants de Dieu subissent de nos jours également.

Comme vous le savez, je travaille pour une mission chrétienne, La Voix des martyres. Un de ces matins, en entrant dans mon bureau, la première lettre que j’ai ouverte venait de Nigéria, le plus grand pays africain dont la population et la religion d’état sont majoritairement musulmanes. Dans cette lettre, où on nous informait de la mort de 300 frères et sœurs massacrés. Voilà ce qu’on nous disait : on a arraché les yeux à trois pasteurs [dont les noms suivent] ainsi qu’à 300 chrétiens. A deux prédicateurs, on leur a coupé les lèvres jusqu’au menton car leur bouche avait prêché l’Evangile et non pas l’islam. A un troisième, on lui a coupé le bras droit ; maintenant, quelle force, non seulement spirituelle mais également physique a pu avoir cet homme car il a ramassé sa main, il l’a élevée et s’est mis à chanter : Il est Seigneur/Tout genou fléchira/Toute langue confessera/Que Jésus est Seigneur.Ce qui est merveilleux c’est le fait de louer Dieu dans des circonstances si terribles.

J’ai rencontré une fois le frère JW de Tibet, en Chine, qui a été emprisonné 22 années durant et qui, lorsqu’on lui a demandé comment il a supporté toutes ces années d’emprisonnement, au lieu de répondre, il s’est mis à chanter : Nous souffrances insignifiantes d’un moment … - vous vous imaginez, des souffrances insignifiantes qui ont duré 22 années – mais je ne veux pas vous accabler avec de plus amples détails. Dans la prison il y a des souffrances qui dépassent toute imagination mais ce frère les a vécues dans la louange.

J’ai également rencontré le frère VB de l’Ukraine qui a été emprisonné 24 années durant dont quelques-unes au Nord de la Sibérie où la glace ne fond jamais. Il été condamné à des travaux forcés dans une mine. Et lorsque nous lui avons posé la question : Mais cher frère, comment as-tu pu supporter non seulement ces travaux forcés mais également ce terrible froid ?il a commencé à chanter : Avec les flammes du feu de l’amour que Jésus a allumé dans mon cœur j’ai fait fondre les glaces de Sibérie. Je ne me sentais pas digne de lacer les chaussures d’un frère qui pouvait chanter après tant d’années de souffrance en glorifiant le Seigneur.

Je vous dis tout cela pour que vous compreniez que, tout d’abord, nous ne devons pas être brutaux et que, par la suite, la brutalité n’a pas pris fin et qu’elle existe toujours. Vous savez certainement qu’une personne sur cinq dans ce monde est chinoise et qu’en Chine le communisme existe toujours ainsi que la persécution des chrétiens. Nous n’avons pas des statistiques exactes sur le nombre des chrétiens persécutés car la Chine est un pays immense et que personne ne peut tenir des statistiques par manque d’informations.

Le même matin dont je vous parlais, j’ai lu une lettre d’un frère chrétien nigérian qui me disait que, devant ses yeux, les musulmans ont brûlé sa femme et ses quatre enfants. J’ouvre ensuite une deuxième qui venait de Chine. On nous écrivait que les frères [dont les noms suivent] ont fait 28 ans en prison où ils sont morts. Les autorités ont remis aux familles les corps pour l’enterrement. Celles-ci ont fait appel à un médecin chrétien auquel elles faisaient confiance qui a autopsié les cadavres et a constaté qu’ils sont morts suite à des tortures. Vingt-huit années de prison pour mourir ensuite sous la torture ! J’ouvre ensuite la troisième lettre qui nous venait d’Iran où la terreur est terrible ! Ici, des frères ont été déshabillés et enterrés dans la neige jusqu’à ce qu’ils meurent de froid. Nous avons reçu également les noms de deux frères, condamnés à la mort et pendus, et d’un autre frère condamné à l’emprisonnement pour neuf ans et gardé dans une cellule si petite qu’il ne peut même pas allonger ses jambes.

La quatrième lettre venait…savez-vous d’où ? De là où ça me fait le plus mal – j’aime tout le monde mais là ça me fait plus mal- il s’agit de la Roumanie, de ce qu’ils appellent la République Moldave mais qui est toujours roumaine. Vous savez qu’il y a eu des combats et que des troupes communistes russes les ont attaqués et voilà ce qu’il est arrivé : le frère Grigore Dessiac a été retrouvé avec la peau de son visage et de son corps arrachée. Valeriu Purice a été crucifié et sur son corps il y avait de nombreuses traces de torture : ses doigts ont été écrasés et sur son front ils ont gravé, à l’aide d’un canif, l’ancienne emblème soviétique, l’étoile à cinq bras. Ces horribles choses, ces brutalités arrivent de nos jours et personne n’en connait le nombre exact, mais il est bon d’en être au courant : tout d’abord il s’agit de nos frères et sœurs et ensuite ils sont en permanent danger, surtout les enfants des martyres.

 

Je vais vous raconter ce qui se passe : nous savons que le Seigneur Jésus a souffert sur la croix quelques heures durant mais cela n’est pas complétement vrai : il a souffert depuis son enfance car, comme tout enfant juif, il savait lire dès l’âge de 5 ans et il lisait la Bible, l’Ancien testament,en ayant à ses côtés Marie, sa mère, et Joseph, son père, pour l’aider. En y lisant « un homme de douleur, habitué à la souffrance » il aurait demandé à ses parents « De qui s’agit-il ? » et on lui aurait répondu « De toi ». Il a certainement lu le Psaume 22 qui était continuellement chanté dans la synagogue, où il est dit :«  Ils ont percé mes mainset mes pieds » et en demandant à ses parents « A qui va-t-on faire ces choses ? » ils lui auraient répondu « A toi ». Il savait, car cela aussi a été écrit, qu’il sera fouetté, que des sillons seront faits sur son dos. Depuis qu’il était petit enfant, il savait ce qu’il aura à souffrir ? C’est terrible de savoir, longtemps à l’avance les choses horribles qui vont t’arriver et nous tenons cela des enfants des chrétiens martyrisés. En Russie nous avons des frères qui sont restés emprisonnés de longues années et en Chine de même et leurs enfants ont grandi dans cette idée qu’être chrétien signifie être battu, torturé, emprisonné. C’est terrible de vivre, dès sa tendre enfance avec cette idée. Je tiens cela de mon fils : quand il avait trois ans, son père fut emprisonné, à quatre ans, ces grands parents furent tués et à cinq ans son père fut de nouveau emprisonné. A neuf ans son père fut une troisième fois emprisonné et à dix ans sa mère fut également emprisonnée. Et il a grandi avec cet idée qu’être chrétien veut dire souffrir. Actuellement, en Russie, personne n’est plus emprisonné pour sa foi mais les enfants des anciens détenus sont restés marqués par les années de souffrance par lesquelles ils sont passés eux et leurs parents. Nous vivons une époque de brutalités et souffrances terribles pour l’Eglise de Dieu.

 

Je vous ai raconté que notre mission travaille, entre autres,  en Birmanie, un pays au Sud de la Chine, d’où nous introduisons clandestinement des Bibles et d’autres ouvrages en Chine, et là, ils ont capturé le frère Vaï Fou et ils l’ont pendu la tête en bas jusqu’à ce qu’il meure. Mais voici le bel aspect de cette histoire : il y a un tel déchaînement de haine, la haine est arrivée à son comble et souvent elle est sans fondement. Jésus a dit « Ils m’ont haï sans raison » : il n’avait rien fait de mal. Le fait de ne pas croire qu’il était le Messie n’était pas une raison suffisante pour qu’il soit crucifié mais c’est la haine qui a poussé les autres à un tel acte. Et l’antidote à cette haine sans raison est l’amour sans raison. Dans les geôles roumaines, nous avons connu la haine sans fondement qui s’est déversée sur des chrétiens mais également sur des musulmans et sur les communistes eux-mêmes. Nous avons connu le comble de la haine et le seul antidote a été l’amour qui pardonne tout, ne soupçonne pas le mal, croit tout, supporte tout. Quand on aime, il faut aimer jusqu’au bout. Au comble de la haine, il faut opposer le comble de l’amour. L’amour chrétien ne s’interroge pas si la personne qu’il aime mérite d’être aimée. L’amour chrétien aime sans raison. Lorsqu’Abel fut tué, son sang criait vers Dieu : « Regarde, j’ai été tué innocent » et normalement la justice de Dieu devait se déverser sur l’assassin ; mais Dieu en a décidé autrement : il a envoyé son Fils qui a versé son sang pour Caïn et pour tous les assassins de ce monde et l’Ecriture dit que le sang de Jésus crie plus fort que le sang des victimes ce qui fait que le pardon a vaincu la haine et le désir de vengeance. Il y a tant de méchanceté dans le monde : parmi les chrétiens, parmi les musulmans, parmi les hindous.  J’ai été une fois en Inde, dans un village appelé … où le pasteur pentecôtiste a été décapité et les bourreaux ont joué au foot avec sa tête. Mais il y a un sang qui crie plus fort que le sang des victimes, c’est le sang du Christ. Mais il n’y a pas uniquement le sang du Christ qui crie ; il y a également le sang des martyres à qui le Christ a donné sa pensée : verser leur sang pour les autres et, là où la haine arrive à son comble, l’amour aussi arrive à son comble.

Je vais vous raconter à présent l’histoire de Maria S. Vous savez qu’à l’époque nazie, ceux-ci ont tué de milliers de personnes : Juifs, Tsiganes, Français et même des opposants allemands. Et, dans un de ces camps d’extermination, une femme a essayé de s’évader. Comme punition, tous les jours, on décimait d’autres femmes. Un jour, pendant que l’on comptait les femmes par dix, notre Marie qui était la onzième et qui avait échappé ce jour-là à la mort, entendit la voix du Seigneur qui lui dit : « Sors du rang et donne ta vie à la place de la dixième. » Tout d’abord elle résista car la femme en question était juive communiste et elle chrétienne, mais le Seigneur insista: « Sors du rang et donne ta vie à la place de la dixième. Je ne suis pas mort pour les biens portants mais pour tous ceux qui sont dans les ténèbres. » Elle sortit du rang et demanda aux officiers allemands de la prendre à la place de l’autre. Lorsque le camp fut libéré par les Américains, les geôliers allemands ont témoigné que Marie se dirigeait vers la chambre à gaz en priant le Seigneur que, telle la nuée qui a accompagné le peuple hébreu dans le désert, la nuée qui sortira au moment où son corps sera brûlé puisse montrer également à ses bourreaux le chemin vers le salut. Cette histoire s’est passé un vendredi de Pâque.

Ceci est le comble du don de soi, seul remède au comble de la brutalité. Ne soyons pas des chrétiens tièdes, ne nous contentons pas d’une vie chrétienne médiocre vécue juste pour soi, ne soyons pas juste de bons chrétiens mais soyons des chrétiens excellents ;  tout comme l’ennemi excelle dans sa haine et dans sa brutalité contre le monde, vainquons le monde  par notre sacrifice car Jésus Christ a dit que notre justice doit  dépasser celle des pharisiens et des scribes ; vainquons le monde par l’amour, par la bonté et par le sacrifice de soi.

 

Ce matin, je racontais aux frères qui sont venus me visiter l’histoire d’un autre frère roumain, Déméter : celui-ci a été enfermé dans les prisons roumaines et battu avec un marteau sur la colonne vertébrale au point qu’il est resté paralysé de tout son corps et qu’il ne pouvait plus bouger que sa tête. Toute la journée, il restait allongé sur son dos, dans sa saleté, car personne ne venait s’occuper de lui ; quant à nous, tôt le matin nous partions au travail forcé et nous ne rentrions qu’une fois la nuit tombée. Lorsqu’il fut libéré, après la chute du communisme en Roumanie, il fut remis à sa famille où, désormais, sa femme et sa vieille mère se sont occupées de lui. Un jour, alors qu’il était toujours alité, quelqu’un a toqué à sa porte et il vit entrer son ancien tortionnaire, celui qui lui avait brisé la colonne vertébrale à l’aide d’un marteau. Celui-ci lui dit : « Je ne suis pas venu pour me repentir. Vous n’êtes pas le seul que j’ai torturé et que j’ai rendu infirme et je sais qu’il n’y a pas de pardon possible pour moi. Même Dieu, dans sa miséricorde, ne peut me pardonner du mal que j’ai fait à tant de gens. Je suis juste venu te demander pardon pour ce que je t’ai fait et ensuite je vais me pendre. » Alors, le frère Déméter lui dit : « Je n’ai jamais tant regretté comme en ce moment le fait de ne pas pouvoir bouger mes bras car depuis des années je prie tous les jours pour votre conversion. Moi, je vous aime ; comme vous pouvez bouger vos bras, venez me serrer contre vous.» Et ils sont devenus frères, le bourreau et la victime. Ceci n’est pas un amour que l’on rencontre tous les jours, ceci est le comble de l’amour : un amour mené jusqu’au bout car la brutalité avait également été mené jusqu’au bout. Et au comble de la brutalité, nous ne pouvons pas opposer de demi mesures d’amour mais un amour mené jusqu’au bout.

 

Il y a tant de brutalités dans le monde : des adultes qui frappent des adultes, des adultes qui frappent des enfants, des enfants qui frappent leurs parents etc. Mais, rappelez-vous lorsque la colère envahit vos cœurs et que vous voulez rendre au mal le mal, qu’il existe des frères et des sœurs qui sont arrivés au comble de l’amour car ils ont dans leurs cœurs le Christ qui, au comble de la souffrance, sur la croix, a pu dire : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.  Et qui a pu dire « ami » à Juda qui avait l’argent de la trahison dans sa poche, en lui donnant une chance de se repentir. De même que les communistes, les musulmans, les nazis qui apprennent la brutalité et la cruauté les uns des autres, nous devons apprendre l’amour et la bonté.

 

Je voudrais vous parler encore d’une personne qui « a gagné la course ». Je vous en ai peut-être déjà parlé mais cette histoire mérite d’être racontée sans arrêt : j’ai été, il y a pas longtemps, à Moscou et j’y ai rencontré notre sœur ZoïaKrahmanikova qui elle aussi a fait la prison à l’époque de la terreur communiste. Elle était écrivain et écrivait des ouvrages chrétiens qui étaient clandestinement imprimés lorsqu’elle fut arrêtée. Interrogée et torturée par le chef-même du KGB (la sécurité russe), elle n’a jamais trahi en donnant le nom de tous ceux qui participaient à cette œuvre. Alors, excédé, cet enquêteur lui dit : « Tu dois savoir que ma patience est arrivée au bout ; si tu ne donnes pas le nom de tes complices, je vais te jeter de l’eau bouillante en plein visage», ce qu’il fit d’ailleurs devant son silence obstiné. Mais, il ne s’arrêta pas là. Au  prochain interrogatoire, il emmena la fille de Zoïa, qui n’avait que 6 ans et menaça la mère d’en faire de même si elle ne parlait pas. Maintenant, pour un enfant, le fait d’être arrêté est déjà un traumatisme (mon fils a été arrêté à l’âge de trois ans et à présent il en a cinquante-trois mais il ne peut pas oublier ce qu’il a vécu) mais, si en plus, cet enfant voit sa mère torturée et défigurée, vous vous imaginez quel drame ! Et l’enquêteur, menaça la mère que si elle ne parle pas, il jettera également de l’eau bouillante à la figure de sa fille. Celle-ci pleurait et implorait sa mère de la sauver et la mère répondit à sa fille : « Je ne peux pas te sauver ; tu ne peux pas comprendre en ce moment pourquoi, tu es trop petite, mais un jour tu comprendras : je ne peux pas te faire la honte de vivre toute ta vie en sachant que ta mère a été un « Juda » ; tu vas souffrir un moment mais Dieu qui est au ciel le sait déjà. » Et la fille fut, à son tour, défigurée. Voyez-vous, cette femme a atteint le comble de la foi car elle était confrontée au comble de la haine. Nous tous nous croyons, mais le comble de la foi est tout à fait autre chose. Je les ai vues, toutes les deux, lorsque j’ai été dernièrement à Moscou. Ces sœurs dont je vous parle ont dit que nous devons suivre l’exemple de Jésus qui, devant la terreur, n’a pas négocié sa peine mais a bu le calice jusqu’à la lie. Nous avons donc des frères et des sœurs en qui Jésus Christ vit et leur souffrance ils ne la portent pas seuls mais avec le Christ. Jésus nous a averti ce qui va se passer au dernier jugement : on nous demandera si nous avons nourri les affamés, donné à boire aux assoiffés, aidé les détenus et lorsqu’on lui demandera de qui il s’agissait, il  répondra : « c’est de moi qu’il s’agissait. »

 

Depuis que je suis aux Etats Unis et que j’œuvre dans cette mission, tous les jours je ne reçois que des lettres pareilles. Le Soudan est un grand pays africain sur l’Equateur dont la majorité de la population est musulmane mais il y a également une minorité assez forte (plus d’un million) de chrétiens. Les musulmans ont déporté en plein désert quatre cent mille personnes, dont le seul crime était de ne pas être musulman, et ils ont coupé les raccordements d’eau en les laissant mourir de soif sauf s’ils abandonnaient leur foi et  se convertissaient à l’islam. Il y eut certainement quelques-uns qui ont cédé au chantage mais la majorité a résisté et est morte de soif ; vieillards, mères, pères, enfants. Que toi-même meures de soif, c’est un choix, mais que tu vois ton enfant mourir de soif sans que tu ne puisses lui donner une seule goutte d’eau en est une autre. Comment expliquer à un petit enfant que tu fais cela pour le Christ qui est le vrai Messie à qui tu offres ta vie ainsi que celle de ta famille ? Ce genre de tragédie se passe de nos jours, dans les pays où être chrétien n’est pas une religion parmi tant d’autres mais un témoignage.

 

A présent, je peux vous donner une bonne nouvelle : dans tous les pays où la persécution atteint son comble, l’Eglise se multiplie miraculeusement (miraculeusement pour nous mais non pas pour Dieu). En Chine par exemple, il y a quarante-trois ans, lorsque les communistes sont arrivés au pouvoir, on avait recensé trois millions et demi de chrétiens mais à présent, après tant d’années de persécution rien que les évangélistes dépassent cinquante millions. La foi en Christ grandit partout dans le monde. Au comble de la méchanceté, nous devons opposer le comble de la foi. Au Vietnam, un frère condamné à trois ans de prison pour sa foi, ne voulant pas abjurer, il s’est vu augmenter sa peine à neuf ans. D’autres frères ont été fusillés pour leur foi et les familles ont dû rembourser à l’état le prix des balles utilisées et s’occuper de leur ensevelissement. Ne soyons pas seulement de bons chrétiens, soyons des chrétiens excellents car nous avons un Dieu excellent qui a tout accompli à la croix pour nous et qui a vaincu la mort pour nous. Je ne peux pas affirmer que j’y suis arrivé, je n’ai que quatre-vingt-neuf ans mais je ne désespère pas d’y arriver car je ne veux pas me contenter d’une vie médiocre avec Christ mais je vise l’excellence. Courons non pas comme battant l’air mais pour remporter la couronne. Que Dieu nous aide tous. Amen.

 

 

 



12/08/2015
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