Les Trompettes

Les Trompettes

LA VOIX DES PROPHETES

 

La Voix des Prophètes par T. Austin Sparks

 

 La voix de Jérémie

«N’ayant pas connu … les voix des prophètes qui se lisent chaque sabbat. » (Actes 13/27)

« Et il arrivera que quand ces soixante-dix ans seront accomplis, je châtierai, le Roi de Babylone et cette nation, dit l’Eternel à cause de leurs iniquités ; je punirai le pays des Chaldéens, et j’en ferai des ruines éternelles. » (Jérémie 25:12)

« La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s’accomplît la parole de l’Éternel prononcée par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume… » (2 Chroniques 36:22, Esdras à partir du chapitre 1 verset 1 ; voir aussi Esaïe 45:1-8).

Voici donc la justification de Jérémie. Mais il n’a jamais vécu pour voir cela. C’est là que réside l’une des choses les plus éprouvantes qu’un serviteur du Seigneur fidèle et fortement contesté peut avoir à accepter. Jérémie devait exercer son ministère, sachant que, dans la mesure où sa propre époque ainsi que ses contemporains étaient concernés par cela, ce serait un échec apparent, il ne vivrait pas pour voir l’accomplissement de cette partie de sa mission, «de bâtir et de planter» (Jérémie 1/10).

Combien de serviteurs du Seigneur ont été appelés à Le suivre dans ce genre de chemin parsemé d’investigations et de tests ! Ceux-ci, tout comme Lui, ont dû faire un travail pour un temps à venir. Nous observons le caractère de la vie terrestre du Seigneur et de son travail lorsque «Il a été crucifié dans sa faiblesse »[ndt : cf 2 Corinthiens 13/4 « Car il a été crucifié à cause de sa faiblesse »]. Nous voyons la désertion, l’abandon, le discrédit et le dénigrement qui ont marqué les derniers jours de la vie terrestre de l’apôtre Paul. Quelle pléiade de héros solitaires de la foi compose cette noble armée d’hommes «méprisés et abandonnés», sur lesquels certain ont posé le verdict «Ce fut en vain! ».

Mais si leur ministère et leur travail portaient quelque chose de Dieu en eux, cet élément est éternel et immortel et il vivra de nouveau: Dieu [les] justifiera et «les hommes d’Anathoth » (Jérémie 11/21,23) seront ceux sur qui l’histoire et l’éternité amoncelleront un tas de honte. Les larmes des Jérémie seront (comme l’affirme le Psalmiste) conservées dans l’outre de Dieu. C’est une des « Voix de prophètes» qui, bien que non entendues par les sourdes oreilles spirituelles, sera proclamée pour que tous entendent les événements de l’Histoire. Esdras et Néhémie, ainsi que les visions de Daniel au travers de leur accomplissement, seront la réponse de Dieu au ministère rejeté de Jérémie.

Cyrus était peut-être un païen, n’ayant aucune connaissance personnelle du Seigneur, mais sa sollicitude toute païenne envers les intérêts de Dieu déclarera une fois pour toutes que, bien que Jérémie ait été peut-être ignoré ou écarté, le Dieu qui l’a appelé et l’a nommé ne peut être ainsi rejeté. S’il y a une voix qui crie dans le livre de Jérémie, c’est la voix de la souveraineté divine. Ce livre entier est résumé par les paroles du Seigneur à son serviteur dans la maison du potier: «Ne puis-je pas agir envers vous…? » (Jérémie 18/1-11). La souveraineté de Dieu est une chose difficile à contrer. Posez la question à Jérusalem et à la nation juive à ce sujet en l’an 70 après Jésus Christ lorsque les paroles souveraines de Jésus-Christ écrites en Luc 19/41-44 ont été littéralement accomplies.

Autant, alors, pour la «voix» inclusive de Jérémie. Mais quelles étaient certaines de ces choses que notre Prophète devait spécifiquement affronter et dénoncer ? Nous pouvons les résumer en une seule phrase. Il a dénoncé certaines dissemblances élémentaires et fondamentales. Nous en suggérons trois:

1. La Source d’eau vive et la Citerne

C’est une dissemblance que le Seigneur nomme avec véhémence un «péché» [ ndt : ou « mal » selon certaines traductions] – « Car mon peuple a commis un double péché/mal: Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, Pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau. » (Jérémie 2 / 13). (Avant d’agréer) soyons dûment frappés par le jugement du Seigneur envers cette alternative, c’est selon lui un péché ! Et le Seigneur dit que c’est un péché fondamental.

Ces alternatives ont plusieurs caractéristiques.

(a) La fonction de l’Unique et du multiple: l’unique Source d’eau, les nombreuses citernes.

Nous avons ici une voix de Prophète, qui, après avoir été négligée, a entraîné (non seulement la ruine d’Israël) mais, surtout celle du Christianisme organisé, et celle-ci n’est pas du tout absente du christianisme évangélique. C’est un sujet auquel la Bible apporte la plus sérieuse attention et sur lequel le Nouveau Testament repose très largement. Ce n’en est pas moins une question de pleine suffisance de Dieu ou (en tant qu’alternative) de dispositifs humains. Il s’agit tout simplement de la plénitude exclusive et définitive de Dieu ou de ressources privées issues des efforts humains. C’est le principe inhérent à la Source Unique ou aux nombreuses citernes crevassées. Cette question est devenue réalité au sein du travail et de l’activité chrétienne ! Depuis l’aube de la communion active de l’homme avec Dieu, il y a eu cette propension incorrigible de l’homme à «étendre sa main » et à la poser avec possessivité ou contrôle sur les choses de Dieu. C’est probablement ce même péché de Satan (Lucifer) qui l’a conduit à sa chute et la nature même de sa «tentation» et de sa tromperie envers Adam. C’est pourquoi Dieu nomme cela «péché». C’est péché que d’apporter du mélange dans les choses de Dieu; que d’insinuer l’indépendance de l’homme et d’introduire les capacités humaines. Nous nous retrouvons au cœur de l’humanisme, de l’autocratie, de la dictature. C’est l’essence même de ce qui est si souvent référé dans le Nouveau Testament sous le terme symbolique de «la chair». C’est le principe du «cœur incirconcis», qui (comme les «incirconcis Philistins») s’insinue lui-même dans les choses de Dieu. Cela est tout à fait significatif que ce n’est qu’au moment où David accède pleinement et avant tout au trône que les Philistins ont finalement été soumis...

Ce que ces nombreuses «citernes» représentent dans leur forme et leur nature est tout simplement légion ; trop de choses produites par la force, l’intelligence, l’inspiration démoniaque et l’ingéniosité humaine pour les répertorier ou les cataloguer.

Il y a une raison préventive très sérieuse et solennelle pour laquelle, après avoir donné l’ordre et le mandat à Ses apôtres d’aller dans le monde, Jésus-Christ a ajouté: «Mais, vous, restez … jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut» (Luc 24/49), «Il leur recommanda de ne pas s’éloigner … mais d’attendre la promesse du Père» (Actes 1/4). L’évangélisation du monde ne doit jamais être consentie sur la base de n’importe quelle sorte d’énergie naturelle. Seul le Saint-Esprit, et cela en tant que part incontestable de notre histoire personnelle, doit être à l’origine de l’œuvre de Dieu.

(b) Une autre différence est précisée dans notre texte.

Les citernes que les hommes religieux ont creusées ne peuvent «retenir l’eau». Peut-être que l’accent devrait être mis sur le mot «retenir». Elles sont «vides» parce qu’elles sont non étanches. Elles doivent être artificiellement remplies de manière répétée et continue. Ceux qui les creusent sont impliqués dans cette tâche ardue de toujours trouver et reconstituer les ressources. Ils obtiennent quelque chose mais cela fuit et la sécheresse exige de plus en plus d’effort humain pour vaincre cela. Qu’elle véritable description de tout ce qui, venant de l’homme, met sa main sur l’œuvre de Dieu! Ces œuvres sont effectivement des citernes qui fuient. D’un autre côté, il y a la Source. Pleine, suprême, inépuisable et toujours fraiche, jamais stagnante.

« L’eau que je lui donnerai deviendra en lui une fontaine d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4/14, version Martin).

« Des fleuves d’eau vive couleront de son sein ». (Jean 7/38)

Quelle bénédiction que d’avoir un ciel ouvert et de ne jamais avoir à creuser un message, un discours, un ministère, une œuvre! C’est contre cette vie épuisante, décevante, laborieuse que Jérémie a témoigné et sa «voix» doit être entendue aujourd’hui concernant ce sujet car cette chose malfaisante a toujours limité la vie qui coule du Seigneur. La plénitude est toujours la marque du bon plaisir du Seigneur.

 

2.Le blé et la paille

« Qu’est-ce que la paille à côté du froment ? » dit l’Éternel. (Jérémie 23/8 , version Darby).

La première dissemblance qui donne le la au ministère de Jérémie était en rapport avec la source de vie du peuple de Dieu, la seconde concernait le ministère et l’enseignement. Ce défi et cette interrogation directe de «l’Eternel des Armées», comme le montre le contexte, étaient dirigés contre les faux prophètes. «J’ai entendu ce que les prophètes ont dit », etc. (verset 25 et suivants). Les prophètes ont affirmé avoir une vision, un rêve, une révélation du Seigneur, mais c’était aussi vide et irréel que la paille.

Quelles sont les caractéristiques de la paille? La réponse à cette question révélera si le ministère a ses origines en l’homme ou en Dieu; s’il est vrai ou faux. Notez que la connexion immédiate ici est celle de la Parole de Dieu, et que ce qu’indique le paragraphe dans son entier c’est qu’il y a beaucoup de choses qui prétendent être et affirment être la Parole de Dieu et qui ne le sont pas. Entre ce qui est offert en tant que Parole de Dieu et la véritable Parole de Dieu il y a toute une différence, comme celle qui existe entre la paille et le blé.

(a) La paille est si légère et si inconsistante qu’elle peut être emportée par n’importe quel vent et que l’on peut ne pas la retrouver. Le poids spirituel s’y trouve en quantité moindre. C’est le ministère (?) de ceux qui ont la démangeaison d’entendre des choses agréables. C’est tout à fait superficiel, sans profondeur. Il n’y a rien de solide à son sujet et il n’y a pas de «corps» en elle. Elle est belle, intelligente et verbeuse, s’exprimant avec facilité, prolixe mais impuissante.

Jérémie était très virulent contre les hommes qui offraient des choses légères à un peuple dans le besoin.

b) Associé à l’aspect précédent, il se trouve que la paille est trompeuse. Elle a l’aspect du blé et elle lui est associée, mais elle n’est pas du blé. Il s’agit d’un simulacre et non pas de la réalité. Elle a le langage, la phraséologie, les termes, mais elle est différente, elle induit en erreur. C’est quelque chose qui est extérieure et qui ne résiste pas à la réalité.

(c) La paille n’est pas de la nourriture. Elle ne pourra jamais nous satisfaire. Elle ne nous nourrira pas. Il résultera d’un tel régime de la malnutrition spirituelle. Il n’y a pas de nourriture et d’éléments constructifs en elle. Les âmes affamées sont en recherche et ne sont pas nourries. Elles ont faim de pain. Ce genre de personnes, tout comme leur état spirituel, attesteront de quoi elles ont été nourries.

La véritable Parole de Dieu est différente de la paille selon tous les points mentionnés ci-dessus. Elle est efficace. Remarquez ce qui suit immédiatement notre texte. D’autres dissemblances sont suggérées.

« Ma Parole n’est-elle pas comme le feu? » dit le Seigneur. Elle brûle, elle dissout, elle purifie, elle teste.

« Et comme un marteau qui brise le roc? » Tôt ou tard, la Parole véritablement donnée par Dieu annulera toute résistance et toute auto-assurance. Jésus a dit: «La parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour» (Jean 12/48)

3. Les deux Alliances

« Voici, des jours viennent, dit l’Eternel, où je traiterai une alliance nouvelle avec la maison d’Israël… non selon l’alliance que je fis avec leurs pères… alliance qu’ils ont rompue. » (Jérémie 31/ 31-32).

L’immensité de cette «voix» de Prophète peut être reconnue, du moins comprise, dans le fait qu’elle fonde et constitue... la totalité de cette dispensation, qui va du premier au second avènement de Christ. La Lettre aux Hébreux est un tracé complet de la nature de cette dispensation, et au cœur de cette lettre se trouve cette même citation de Jérémie. (Voir Hébreux 8/6, 9/15, 12/24).

En outre, c’était à cela que Jésus faisait référence lorsqu’il a dit: «Ceci est la nouvelle alliance en mon sang. » Jérémie est assurément justifié ! Le contexte de Jérémie 31/31 est celui du «Germe» et ce «Germe» se nomme «Jéhovah-Tsidkenu », L’Eternel notre justice (Jérémie 23/6, 33/16). C’est sur tout cela que repose notre salut, en Christ. C’est un sujet qui est trop vaste pour que nous l’abordions ici.

Nous sommes immédiatement concernés par le contraste qui existe entre les deux alliances. Concernant l’Ancienne alliance nous n’avons qu’à lire les lettres aux Romains et aux Galates et voir la situation déplorable dans laquelle se trouvaient les Juifs à l’époque de la vie terrestre de Christ. Un mot recouvre cette condition aux multiples facettes, condition qui était tout simplement horrible et ce mot est «servitude». C’est ce qui découlait de l’Ancienne Alliance dans la vie, ou l’existence. Pourquoi? Parce que tout était à l’extérieur! C’était une structure bâtie sur le sable mouvant de la faiblesse et de la dépravation humaine. Ses exigences exposaient uniquement l’impuissance de la nature humaine. En sa présence, le cri de conviction de culpabilité d’un homme était celui de tous les hommes: «Misérable homme que je suis, qui me délivrera ? » (Romains 7/24). C’est la longue et déchirante histoire de l’échec de l’homme due à sa nature. La justice est un enjeu important. Elle signifie Dieu ayant des droits sur l’homme dans son entier tout autant que sur sa personnalité [ndt : en clair Dieu dispose de l’homme dans son entier tout autant que de sa personnalité]. Mais l’homme ne peut atteindre cela. Mais il le doit ! Et c’est là le problème. Dieu doit être satisfait sinon l’homme est condamné. Eh bien, c’est avant tout l’ensemble du problème de la justification et de la gloire.

C’est ici, donc, qu’intervient la Nouvelle Alliance, dont les modalités sont prévues par Jérémie. Cette nouvelle alliance a deux aspects: d’un côté sa nature et de l’autre ses Moyens.

Jérémie 31/33, cité par l’auteur de la Lettre aux Hébreux: «Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur ». Nous fournissons les italiques – « au dedans … leur cœur ». Dans cette dispensation, tout est à l’intérieur. Cela détermine si le christianisme est vrai ou faux. C’est la grande étape finale représentée par la Lettre aux Galates. Quant aux Moyens (notez le M majuscule) l’apôtre Paul a deux versets importants: « Dieu… a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ.» (2 Corinthiens 4/6 ; et remarquez que le contexte de cette déclaration est celui de l’Ancienne Alliance) et « Christ en vous, l’espérance de la gloire» (Colossiens 1/27).

Les Moyens, c’est Christ au dedans de nous par le biais de l’Esprit Saint.

Ce fut une révélation salvatrice pour Jérémie. Le livre qui porte son nom est à peu près aussi désespéré d’une révélation de l’état misérable de l’homme que l’on pourrait l’être. Le Prophète pouvait bien pleurer et crier suite à des angoisses mortelles ! Mais cela n’est pas éternellement sans espoir. Le « Germe de justice » sera suscité. « Le Seigneur notre justice». Quelle «voix» de Prophète! «….les paroles des Prophètes qui se lisent chaque sabbat…, mais ils ne L’ont pas reconnu. » (Actes 13/27). Le désespoir a doublé et s’est confirmé en raison de la dureté du cœur, de l’orgueil et des préjugés.

Que Dieu ouvre nos oreilles internes!

 



18/04/2013
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